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Thierry Soler, conseiller général d’opposition

Actualités > Les élu-es ont la parole > Thierry Soler, conseiller général d’opposition

A l’occasion des élections départementales qui se tiendront les 22 et 29 mars 2015, la FEVE donne la parole à Thierry Soler, conseiller général d’opposition du Loiret, secrétaire de la commission finances et patrimoine, membre du conseil d’administration de la FEVE.

Thierry Soler, vous êtes conseiller général écologiste, élu dans le Loiret, pourtant, les écologistes sont pour la suppression des conseils généraux, n’est-ce pas contradictoire ?

Thierry Soler : Il est vrai que pour viser plus d’efficacité dans l’action publique, les écologistes ont défendu le principe d’une simplification administrative pour plus une grande clarté et efficacité de l’action publique. A ce titre, nous souhaitons que les compétences dévolues aux conseils généraux soient réparties au profit des agglomérations et des régions. Cependant, quoi qu’on pense du maintien de cet échelon, nous devrons faire avec ce que la Loi nomme désormais les conseils départementaux. De fait, ceux-ci vont conserver une place importante pour améliorer la vie quotidienne des gens à l’avenir et il est donc important que les écologistes y siègent pour y porter leur projet.
C’est, par exemple, à l’échelle départementale que sont administrées l’action sociale et médico-sociale, gage de solidarité avec les populations défavorisées. Selon les majorités en place, le département se donne les moyens de réussir à réduire les inégalités et d’agir avec humanité ou bien se contente de distribuer les aides à regret, en stigmatisant celles et ceux qui y ont droit.
L’élu-e départemental-e ne se contente pas de couper des rubans dans les comices agricoles de son canton d’élection ! Cela existe encore, c’est vrai, mais nous avons surtout la possibilité de voter des politiques qui concernent le logement social, la protection de l’enfance, les espaces naturels sensibles, les déplacements …

En étant dans l’opposition, avec une majorité UMP, est-il possible d’imposer des choix écologistes ?

Thierry Soler : Oui et non. Le rôle d’un conseil départemental est évidemment politique et, dans l’opposition, on ne pèse pas sur les grandes orientations. Mais le scrutin cantonal a au moins pour avantage que, même dans l’opposition, un-e élu-e a d’abord gagné une élection : c’est une légitimité que la majorité ne peut vous enlever. Plus de 60% des électeurs de mon canton ont validé mes propositions écologistes et cela me donne du poids pour les défendre publiquement. La presse aussi leur accorde plus de crédibilité.
En parallèle, même si j’ai du mal à m’y faire, je profite du fait qu’un conseiller général est regardé comme un notable local. Je travaille avec les élu-es des communes de mon canton d’élection. Nous avons formé des groupes de travail intercommunaux que j’anime, dont un sur le développement durable, et ils avancent sur ces questions dans leur gestion municipale. Mon statut est aussi un tremplin pour aborder les citoyens, les écouter et aussi les encourager dans les projets qui renouvellent la pratique sociale et qui contribuent à la transition écologique. J’apprends au contact de tous ces gens et eux constatent que l’écologie n’est pas punitive mais qu’elle apporte des solutions à leur portée.

Quel serait votre conseil à des futur-es élu-es départementaux/ales écologistes ?

Thierry Soler : D’abord, de rester eux-mêmes et, si possible, de se faire élire dans la majorité !
Pour ce qui relève de mon expérience, j’ai bénéficié d’une très large autonomie dans mon groupe PS-EELV-PRG et je sais que j’aurais pu travailler efficacement si nous avions été majoritaires.
Par ailleurs, je conseille surtout de rester très proche de la population, d’organiser des expériences de démocratie participative et la co-construction des projets. Le mandat départemental est assez intéressant de ce point de vue, même dans l’opposition.
Et bien sûr, parce que travailler en réseau est d’autant plus important lorsqu’on est isolé au sein d’un groupe, j’invite celles et ceux qui seront élu-es à adhérer à la FEVE pour bénéficier du soutien et de l’expertise d’autres élu-es.