Alors qu’une vague de chaleur historique frappe de nouveau nos territoires, illustrant dramatiquement l’urgence climatique à tous les niveaux, y compris dans les entreprises, et que le chômage remonte, le gouvernement fait le choix à contre-courant d’asphyxier la formation professionnelle. Les élu·es régionaux écologistes dénoncent cet abandon à contre-courant. 

La politique Apprentissage et Formation professionnelle du président Macron aura abouti à ce désastre. La loi de 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel aura été au final un vrai fiasco. En 2026, le budget global de France Compétences est amputé de 1,5 milliard d’euros. D’une politique qui devait aider durablement, le secteur ne retrouvera bientôt plus que des miettes !

La mission fondamentale de l’apprentissage est aujourd’hui balayée : donner un avenir et un diplôme aux jeunes pour qui la voie scolaire classique ne fonctionne pas, tout en soutenant l’artisanat rural dans la transmission de ses savoir-faire. Plus grave encore, l’État piétine le droit à la formation tout au long de la vie, un droit pourtant universel pour lequel chaque travailleur·euse cotise. Le renoncement budgétaire actuel rompt ce contrat social.

Si la loi de 2018 affiche un million d’apprenti·es, ce modèle s’effondre aujourd’hui sous le poids de fraudes incontrôlées et d’une austérité brutale. Derrière les chiffres de façade se cache un fiasco pédagogique : faute de régulation, des organismes privés opportunistes ont capté les fonds publics sans fournir de réelle formation. La Cour des comptes confirme cette faillite des contrôles en révélant que chaque année, 10 % des budgets sont détournés. Pour masquer sa propre mauvaise gestion, l’État coupe sans préavis 88 % des financements de l’apprentissage alloués aux régions, tout en sabrant les plans régionaux d’investissement dans les compétences. Ainsi, ce soutien aveugle à l’apprentissage s’est fait au détriment des demandeur·euses d’emploi, laissé·es sur la touche et de plus en plus éloigné·es du marché du travail.

Les responsables de ce désastre devraient s’abstenir de donner des leçons de gestion quelles qu’elles soient.

S’il faut faire des choix, les priorités doivent être claires pour protéger avant tout les personnes, les entreprises et les territoires les plus fragiles :

  • Maintenir le maillage territorial : les Régions doivent continuer à financer au même niveau les CFA dans les territoires ruraux, sur les formations qui font l’économie de nos territoires.
  • Rediriger les financements des plans de formation des ETI et des grandes entreprises (qui bénéficient par ailleurs de fonds en propre) et baisser les dotations des organismes de formation dans les filières florissantes comme l’aérospatiale – spatial – défense, pour maintenir le soutien aux structures qui portent le retour à l’emploi.
  • Sanctuariser les publics fragiles et éloignés de l’emploi : redonner les moyens nécessaires aux femmes isolées, aux jeunes sans diplôme, aux seniors et aux demandeur·euses d’emploi. L’État et les Régions doivent réinvestir dans les structures d’accompagnement et d’orientation, notamment les Missions locales qui aident les jeunes de 16 à 25 ans dans leur insertion professionnelle et sociale, et qui subissent pourtant une baisse de 4 %.
  • Anticiper et innover dans la structuration des filières de demain : personne n’éteindra l’incendie climatique avec des recettes d’austérité. L’adaptation au dérèglement climatique et aux canicules à répétition passe impérativement par la transformation des entreprises dans leurs pratiques et dans l’évolution des métiers. Sabrer la formation aujourd’hui, c’est priver les travailleur·euses des outils  indispensables pour bâtir le monde de demain.

La coordination des élu·es régionaux écologistes

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