Le Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (CALAE) vient de rendre publics les chiffres concernant les violences observées en 2025. Le point sur les grandes tendances à retenir.

2 478. C’est le nombre d’atteintes aux élus qui ont été répertoriées en 2025, soit une baisse de 0,9 % par rapport à 2024 (2 501 faits avaient été enregistrés). Si les chiffres s’éloignent du pic de 2023, année d’émeutes durant laquelle 2 759 agressions avaient été répertoriées, ils restent supérieurs aux premiers relevés du Centre d’analyse contre les atteintes aux élus (CALAE), créé en 2022.

Les maires toujours en première ligne

Dans la continuité des exercices précédents, les menaces et outrages ont constitué la grande majorité des atteintes aux élus : 68 % des faits, contre 67,9 % en 2024. Avec 9 % du total des agressions, les violences affichent un léger reflux (- 0,6 %), quand les destructions et dégradations restent stables (8 %, contre 7,9 % en 2024).

Au total, 72 % des départements sont concernés, et si la palme revient au Nord, à l’Eure-et-Loir et à l’Isère, des territoires urbains comme ruraux sont touchés par ce phénomène.

Autre constante : les maires restent surreprésentés parmi les victimes (65 %, contre 64 % en 2024). On retrouve ensuite leurs adjoints et les conseillers municipaux (19 %, contre 18 % en 2024), et les parlementaires (12 %, contre 13 % en 2024, quasi exclusivement des députés).

La principale baisse notable est à retrouver du côté du volume d’élus victimes dans le cadre de leurs fonctions : il a baissé de 25,4 % en 2025, confirmant la diminution de 19,4 % en 2024 après deux ans de hausse significative. Au total, 70 faits en moins ont été recensés l’an dernier, une baisse qui s’observe autant pour les menaces et menaces de mort que les dégradations et les outrages. Notons que plus de 30 % des actes sont des agressions cyber.

Explosion des violences lors des élections municipales

Sitôt les chiffres de 2025 publiés, les yeux se tournent déjà vers ceux de 2026, année d’élections municipales qui se sont déroulées dans un contexte particulièrement tendu du 15 au 22 mars. « Nous avons enregistré 1 800 atteintes depuis le début de l’année, contre 1 000 sur la même période de l’année dernière. Rien que sur la période des élections, on est à 1 300 atteintes », a communiqué ce jour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Des chiffres qui traduisent un doublement du nombre d’atteintes aux élus par rapport au scrutin de 2020.

En 2025, le gouvernement a pourtant consacré 3,5 millions d’euros à la protection des élus, s’ajoutant aux 1,5 million d’euros déjà investis depuis la mise en place du Plan national de prévention contre les violences aux élus en 2023.

Dans le cadre du « pack sécurité élus » déployé par le Calae, un certain nombre d’outils ont été mis en place puis pérennisés, comme les boutons d’appel d’urgence, reliant un smartphone à une liste restreinte de contacts, et dont la généralisation est désormais effective. Citons aussi le réseau de 3 400 référents nationaux « atteintes aux élus » dans toutes les brigades de gendarmerie et commissariats, le numéro d’assistance psychologique ou encore la mise en place de formations aux bons réflexes à adopter en cas d’atteinte, auxquelles ont déjà assisté plus de 27 000 élus.

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