L’ordonnance verte s’inscrit dans une démarche large de transition écologique et de santé publique. Ce programme participe à la sensibilisation de la population aux bienfaits de l’agriculture biologique, tout en réduisant l’exposition aux produits chimiques. Il fait partie d’une série d’initiatives prises par la mairie écologiste pour améliorer la qualité de vie des habitants.
L’ordonnance verte, initiée en 2022, est un projet de santé publique et écologique. Elle s’inscrit dans la lutte contre l’exposition aux produits chimiques, en particulier les perturbateurs endocriniens – omniprésents dans notre environnement quotidien (pesticides, produits ménagers, cosmétiques). Ces substances sont particulièrement nocives pour les femmes enceintes et leurs bébés, augmentant les risques de maladies comme l’obésité infantile, les troubles neurocognitifs et certains cancers. Face à cette menace, l’objectif de l’ordonnance verte est de sensibiliser les citoyen•nes lors de la grossesse, moment de la vie où les modes de consommation et l’alimentation sont interrogés et où les corps sont particulièrement exposés. Ce dispositif positionne la ville de Strasbourg comme l’une des collectivités les plus dynamiques dans la lutte contre l’exposition de ses habitant•es aux perturbateurs endocriniens.
Le contenu du projet
Le dispositif, mis en place à partir de septembre 2022, permet aux femmes enceintes et leurs familles d’obtenir une ordonnance délivrée par un professionnel de santé leur donnant accès :
- À des paniers de légumes biologiques chaque semaine, cultivés localement, pendant une durée de 2 à 7 mois.
- À deux types d’ateliers pour sensibiliser sur les risques de l’exposition aux perturbateurs endocriniens et sur les bonnes pratiques pendant la grossesse (recettes de cuisine et pour choisir ou préparer ses cosmétiques, produits ménagers & ustensiles…).
Le programme s’adresse à toutes les femmes enceintes, aux couples en démarche de PMA ou d’adoption résidant à Strasbourg, avec un accent particulier sur les quartiers prioritaires, permettant ainsi de réduire les inégalités d’accès à une alimentation saine et locale.
- Expérimentation réussie en 2023 : 800 femmes ont bénéficié de ce dispositif lors de la première phase (environ 3.000 naissances par an à Strasbourg).
- Budget : 340.000 euros alloués annuellement par la Ville, (avec une aide financière de l’Agence Régionale de Santé pour les ateliers).
- Le projet est maintenu pour la période 2024-2026 avec l’objectif d’atteindre 1.500 bénéficiaires chaque année. Un critère social a été introduit : en fonction du quotient familial, les femmes bénéficient du panier pendant 2, 4 ou 7 mois. Plus de 30 % des inscrites sont concernées par les 7 mois de paniers (et un tiers n’ont pas renseigné leur quotient familial).
- Des retours très positifs sur les ateliers pédagogiques : les femmes enceintes comprennent mieux l’impact des perturbateurs endocriniens et obtiennent des conseils pratiques pour s’en protéger.
- 10 emplois locaux créés, une agriculture locale et biologique renforcée.
En bref, mieux pour la santé, mieux pour l’agriculture, mieux pour notre environnement
Comment étendre le dispositif ?
Plus de 20 collectivités ont déjà contacté Strasbourg pour reproduire le dispositif sur leur territoire. Sandra Regol, députée du Bas-Rhin, a déposé en septembre 2024 une proposition de loi visant à généraliser l’ordonnance verte au niveau national, faisant du dispositif mis en place à Strasbourg une expérimentation réussie qui doit s’étendre à toute la France – avec une prise en charge par la Sécurité sociale. Ce dispositif transforme les modes de consommation et crée des emplois non-délocalisables.

Le projet de loi prévoit que chaque femme enceinte puisse bénéficier de ce programme, qui inclurait des séances d’information sur les dangers des perturbateurs endocriniens et des solutions pour réduire leur exposition. Les femmes recevraient également des paniers de fruits et légumes bio et locaux pendant leur grossesse, avec une durée variable en fonction des revenus. Le financement annuel de cette mesure est estimé à environ 700 millions d’euros, un coût jugé acceptable au regard des 160 milliards d’euros que représente l’exposition aux perturbateurs endocriniens à l’échelle européenne.
En plus de promouvoir la santé publique, cette loi soutiendrait l’agriculture biologique locale, en pleine difficulté, en renforçant le lien entre santé, alimentation durable, et économie locale.