Plus de 1 000 lycées ont été perturbés cette semaine, la Fédération des Élu·es Verts et Écologistes condamne toutes les violences, à commencer par celles exercées par le gouvernement contre des jeunes qui se mobilisent. La colère des jeunes est le résultat d’années de mépris et de coupes dans le budget de l’Éducation nationale et des collectivités territoriales.
Réprimer les symptômes, ignorer la maladie
En quelques jours, la mobilisation lycéenne a gagné tout le pays : partout, les élèves dénoncent les mêmes manques : classes surchargées, enseignant·es non remplacé·es, bâtiments délabrés.
Face à la colère, le réflexe de la Macronie reste pourtant le même : envoyer la police, gérer la situation depuis le ministère de l’Intérieur. Il en a été ainsi pour toutes les mobilisations sociales, et c’est désormais au tour des lycéen·nes. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux nous interpellent : des adolescent·es brutalisé·es, des tirs de LBD et des centaines d’interpellations musclées. Face à des mineur·es, les techniques d’intervention et la force employée doivent être strictement proportionnées. Il s’agit de nos enfants ! La jeunesse rejette majoritairement la violence comme mode d’action.
La plupart des mobilisations se déroulent pourtant dans le calmealors que les caméras se braquent sur les rares lieux de débordements, et la jeunesse mobilisée se retrouve caricaturée et stigmatisée. Le gouvernement joue un jeu dangereux, le même qu’à chaque mobilisation citoyenne : il fait le décompte des interpellations plutôt que celui des postes non pourvus. Réduire ce mouvement à ses débordements, c’est refuser d’entendre ce qu’il dit.
Un pays qui maltraite sa jeunesse a-t-il un avenir ?
Les revendications des lycéen·nes sont légitimes, et les élu·es locaux écologistes les soutiennent. Les élèves réclament des professeur·es, des classes à taille humaine, des locaux dignes, une médecine scolaire et un accompagnement social à la hauteur. Derrière les blocus, il y a l’angoisse d’une génération qui se sent abandonnée.
Le macronisme n’a jamais fait de la jeunesse sa priorité. Sept ministres de l’Éducation nationale se sont succédé depuis 2022 – plus d’un par rentrée.
Les élu·es écologistes demandent de :
- Remplacer chaque enseignant·e absent·e, réduire les effectifs par classe et revaloriser les salaires des personnels.
- Recruter des infirmier·es, des médecins scolaires, des psychologues et des assistant·es social·es dans chaque établissement.
- Rénover le bâti scolaire pour en finir avec les passoires thermiques et les îlots de chaleur.
- Sortir de la logique de concurrence de Parcoursup et garantir à chaque élève une orientation choisie.
- Réviser la carte de l’éducation prioritaire et conditionner les financements publics du privé sous contrat à la mixité sociale.
Partout où ils et elles siègent, les élu·es écologistes se tiendront aux côtés des jeunes pour écouter leurs revendications, les porter, et tout faire pour éviter les violences. Ils et elles seront aussi à l’écoute des parents d’élèves, inquiet·es pour leurs enfants.
Notre jeunesse ne demande pas la charité, elle demande un avenir. Les élu·es écologistes appellent le gouvernement à apporter enfin de vraies réponses de justice sociale.
Catherine Candelier, présidente de la FEVE