« Le remplacement des journalistes secrétaires de rédaction par une IA à “La Gazette des communes” met en péril la qualité éditoriale du titre »

07/07/2026

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Publié le 03 juillet 2026 à 15h30

Un collectif de lecteurs du magazine spécialisé dans les métiers de la fonction publique territoriale, constitué d’élus, d’anciens ministres, de responsables associatifs, appelle, dans une tribune au « Monde », le groupe à renoncer au plan social afin de conserver « ce qui fait sa valeur essentielle : le discernement humain ».

Nous ne voulons pas lire des textes contrôlés par des machines, mais des articles écrits, relus, vérifiés et édités par des journalistes. C’est l’alerte que nous lançons collectivement, pour défendre une certaine idée du journalisme, de l’information et du débat démocratique local

Parlementaires, élus locaux, cadres territoriaux, agents publics, universitaires, lectrices et lecteurs de La Gazette des communes, nous souhaitons exprimer notre profond attachement à ce titre de presse et à la mission essentielle qu’il remplit, au moment où sa rédaction a déclenché un mouvement social à la suite de l’annonce d’un plan social par son groupe propriétaire, Infopro Digital. Ce PSE ambitionne de remplacer des journalistes secrétaires de rédaction par une intelligence artificielle générative [IA]. Nous craignons que ce plan social ne mette en péril la qualité éditoriale non seulement de La Gazette des communes, mais aussi de tous les titres du groupe concernés (Le Moniteur, L’Usine nouvelle, L’Argus des assurances, LSA…).

Nous aimons La Gazette telle qu’elle est : exigeante, rigoureuse, indépendante et transpartisane. Nous aimons y lire des analyses de fond, des reportages, des enquêtes fouillées, des débats utiles… Nous apprécions ce regard au plus près des collectivités territoriales, sur les politiques publiques locales, sur les femmes et les hommes qui font vivre le service public au quotidien.

A l’heure où l’IA s’impose dans de nombreux secteurs, nous refusons que l’information territoriale perde ce qui fait sa valeur essentielle : le discernement humain. Tout ne repose pas sur l’IA, même si elle peut constituer un outil utile pour le journalisme. Une machine ne remplacera pas la capacité d’un journaliste à hiérarchiser, contextualiser, vérifier et transmettre avec déontologie l’information.

Préserver la confiance

Derrière chaque article publié dans La Gazette, nous savons que se déploient des métiers de journalistes, des savoir-faire et des expertises qui s’organisent au sein d’une chaîne éditoriale garantissant la fiabilité, la lisibilité et la clarté de l’information. Et nous y tenons plus que jamais.

Dans un climat saturé de désinformation, de polémiques artificielles et de réactions instantanées, le rôle d’une presse professionnelle exigeante avec une information vérifiée n’a jamais été aussi essentiel pour préserver la confiance dans la parole publique. Face à ce bruit permanent, La Gazette des communes tente tous les jours d’être un espace de recul, d’analyse et de nuance afin de constituer un bien commun démocratique.
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Or, la suppression du métier essentiel de journaliste secrétaire de rédaction et son remplacement par l’IA menacent de cantonner La Gazette à la délivrance d’une information standardisée, automatisée, désincarnée, et d’affaiblir son rôle crucial dans le débat public.

La Gazette des communes doit rester ce qu’elle a toujours été : une voix de référence au service des territoires et de celles et ceux qui les font vivre.

Premiers signataires : Emilie Agnoux, cofondatrice du cercle de réflexion Le Sens du service public, haut fonctionnaire territoriale ; Gil Avérous, ancien ministre, maire (divers droite) de Châteauroux, président de Châteauroux Métropole, président de Villes de France ; Christophe Bouillon, maire (divers gauche) de Barentin (Seine-Maritime) et président de l’Association des petites villes de France ; Dominique Bussereau, ancien ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy et ancien président de Départements de France ; Stéphane Delautrette, député (Parti socialiste, PS) de Haute-Vienne et président de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation ; André Laignel (PS), premier vice-président délégué de l’Association des maires de France (AMF) ; Florence Portelli, maire (Les Républicains) de Taverny (Val-d’Oise), vice-présidente de l’AMF ; François Rebsamen, président (ex-PS) de Dijon Métropole, ancien ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation ; Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes et présidente de Nantes Métropole, ancienne présidente de France urbaine ; Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre sous François Hollande

La liste complète des signataires est à retrouver ici.

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