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Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables

Actualités > Les élu-es ont la parole > Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables

A l’occasion de la conférence mondiale Vélocity qui se tient à Nantes du 2 au 5 juin, la FEVE a posé trois questions à Pierre Serne, 2e vice-président de la région Ile-de-France chargé des transports et des mobilités, vice-président du Syndicat des Transports d’Ile-de-France (STIF), autorité organisatrice des transports de la région Ile-de-France et président du Club des villes et territoires cyclables

Qu’est-ce que le Club des villes et territoires cyclables ?

Pierre Serne : Le Club des villes et territoires cyclables comptait 10 villes adhérentes en 1989 et 450 en 2001. Aujourd’hui, plus de 1 500 communes en font partie ainsi que les nouveaux acteurs du vélo que sont les Régions – nous comptons 7 régions adhérentes, l’Ile-de-France, Rhône-Alpes, le Nord-Pas-de-Calais, la Basse-Normandie, la Bourgogne et le Centre –, des agglomérations ainsi que des intercommunalités en zone périurbaine et rurale où l’enjeu du report modal est un pari compliqué mais crucial. Le Club a, dès l’origine, privilégié une approche globale de l’aménagement de l’espace et une politique intégrée du vélo.
Le mandat municipal 2001 et 2008 a fortement dynamisé les politiques vélo, en rebondissant notamment sur le succès populaire du vélo en libre-service. Aujourd’hui, nous devons relever le défi - au niveau local comme au niveau national - de mettre le vélo au cœur des déplacements du quotidien. Tous les leviers doivent être utilisés pour cela : les aménagements, les services et les incitations économiques… Notre rôle est donc à la fois d’être un centre d’expertise et d’appui aux collectivités et un groupe de pression en faveur des politiques cyclables, notamment auprès du gouvernement ou du Parlement.

Quels services apportez-vous aux collectivités membres du réseau ?

Pierre Serne : Depuis sa création, le Club est un lieu de réflexion, d’échanges de bonnes pratiques, de partage de savoir-faire, mais aussi une instance qui intervient auprès des pouvoirs publics pour créer les conditions d’un vrai développement du vélo dans notre pays. De ce point de vue, notre réseau partenaire de parlementaires, le Club des parlementaires pour le vélo, agit comme un véritable « lobby » du vélo au niveau national, à nos côtés.
Au début des années 90, les enjeux ont été surtout techniques : recréer les conditions d’un usage sécurisé, facilité, confortable du vélo comme mode de déplacement. La tâche n’était pas simple tant nos villes étaient façonnées par et pour la voiture. Aujourd’hui, la boîte à outils pour rendre un territoire cyclable existe. Elle propose une palette des solutions, qui ne sont pas toutes dédiées vélo - les zones de circulation apaisée comme les zones 30 et les zones de rencontre, par exemple.
Mais une politique vélo, ce n’est pas seulement un rééquilibrage de la voirie et un nouveau partage de l’espace public ni une politique uniquement axée sur la création d’infrastructures cyclables. Développer l’usage du vélo implique d’intervenir sur la chaîne du déplacement, sur le stationnement, sur la mobilité des salariés, des scolaires, la combinaison vélo et transports publics et le faire-savoir, c’est-à-dire l’information et la promotion qui doivent accompagner l’ensemble de ces interventions.
C’est pourquoi les collectivités ont plus que jamais besoin d’échanger sur leurs actions en cours, de confronter leurs approches, prendre ensemble le recul nécessaire sur les évolutions à l’œuvre et les besoins qui restent à couvrir. Et l’équipe salariée du club, dévouée et à l’expertise reconnue, fournit un appui quotidien aux collectivités adhérentes et à leurs représentant-es.

Un élu régional et écologiste à la présidence du Club, pourquoi ?

Pierre Serne : Le Club a souhaité réaffirmer le rôle des territoires dans le développement des mobilités actives et du tourisme durable, dans un contexte de réorganisation territoriale. En confiant la présidence du réseau au représentant d’une Région, il souligne le rôle majeur que les Régions sont appelées à jouer dans le domaine de la mobilité et du développement durable.
En tant que vice-président de la Région Île-de-France, je suis déjà mobilisé sur les différentes pratiques du vélo, en zone rurale comme en zone urbaine très dense, du vélo loisir à celui utilisé chaque jour pour se rendre à la gare ou au travail. La mobilité active est un outil incontournable pour faire face aux défis environnementaux, économiques, sociaux et bien sûr de santé publique. Le vélo est aussi un puissant remède anti-crise grâce par exemple à ses effets bénéfiques sur le budget mobilité des ménages, mais aussi sur les dépenses de santé.
Traditionnellement, c’est beaucoup nous, élu-es écologistes, qui avons porté et portons encore souvent, sur nos territoires, des politiques cyclables ambitieuses et la promotion du changement de comportements aux côtés des usagers et des porteurs de projets innovants. Il n’est donc pas forcément étonnant que nous retrouvions, après une présidence écolo marquante, celle de Denis Baupin entre 2004 et 2008, les rênes du club. Nous y sommes d’ailleurs nombreux/seuses, tant au bureau que dans l’ensemble des instances dirigeantes.
Pour finir, cela dit, nous avons sans cesse besoin de nouveaux adhérents au club et si les élu-es écologistes pouvaient se mobiliser pour faire adhérer leurs collectivités cela ne pourrait que nous aider tout en apportant un vrai plus à leur territoire…

Le mot de Chantal Duchêne, ancienne adjointe au maire d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne)

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Être dans les réseaux et association d’élu-es, c’est d’abord disposer d’outils pour mieux exercer son mandat : il est toujours intéressant de savoir comment font les autres et ceci quelles que soient leurs appartenances politiques.
C’est aussi connaître la position des différentes organisations politiques sur la thématique que nous avons en charge.
C’est, enfin, faire connaître et avancer nos propres positions sur les différents champs de compétence des collectivités.