Les écologistes fustigent la « chasse aux allocataires » du RSA dans les départements, dénoncent des méthodes abusives et demandent un droit un l’accompagnement digne !

Elle s’appelle Cécile, maraîchère, ils s’appellent Pierre, charpentier et Guilvic, sans emploi. En situation de précarité, tous ressentent avoir fait les frais d’une politique de chasse aux allocataires du RSA menée par leur département, le Finistère. Ils ont vu leurs allocations suspendues, ou pire, se sont vus radiés du RSA et ont perdu leur seul filet de sécurité financière.

Toutes et tous décrivent une remise en cause volontaire de leur droit au RSA par une administration qui use selon eux de méthodes abusives : harcèlement, contrôles intrusifs, atmosphère inquisitrice.

Nous saluons le courage qui a été le leur en témoignant publiquement de ces situations inquiétantes et nous leur apportons notre plein soutien, ainsi qu’à la CGT, alors qu’ils semblent faire aujourd’hui l’objet de réponses intimidantes de la part des élu·es de l’exécutif du Département du Finistère.

Nous dénonçons depuis des mois la politique déshumanisante du RSA dans le Finistère. Les témoignages sont alarmants : Le RSA est un droit. Pas un outil de pression. Pas une politique du chiffre.
— Pauline Louis Joseph Dogue, conseillère départementale écologiste du Finistère

Malheureusement, cette situation n’est pas isolée en France : de nombreux Départements (Nord, Finistère Vaucluse…), ont fait le choix depuis 2023 et l’adoption de la loi plein emploi de poursuivre une politique de casse sociale, via une baisse forcée du nombre d’allocataires : depuis 2021, c’est moins 18% d’allocataires pour le Département du Nord1

et moins 24,4% pour le Département du Finistère, contre 3,4% seulement au National2. Dans le Vaucluse, c’est moins 16.5 % de bénéficiaires sur une seule année, en 20253 Ces méthodes dures et stigmatisantes ne disent absolument rien d’un retour à l’emploi durable ni d’un véritable chemin vers l’émancipation, alors même que cela devrait être l’objectif premier d’une véritable politique d’insertion.

Nous élu·es écologistes refusons de rester silencieux face à ces décisions qui portent atteinte manifeste à un droit essentiel : il n’est pas tolérable que les plus précaires puissent être considérés comme de simples variables d’ajustement économique. Ces pressions renforcent le sentiment de relégation, l’anxiété et détériorent profondément la santé mentale de celles et ceux qui en sont victimes.

Ces témoignages symbolisent une déclinaison à l’échelon local de la casse sociale prônée par les gouvernements successifs depuis 2017. Sanctionner les précaires, refuser de taxer les ultras riches, sont les mantras d’une droite qui privilégient la fabrique de la pauvreté à la justice sociale !
— Marine Tondelier, Secrétaire nationale des Écologistes

Pourtant des solutions qui privilégient l’aller vers les allocataires afin de trouver pour chacun et chacune des solutions adaptées à leurs besoins existent et sont portées et soutenues au quotidien par des conseiller·es départementaux·ales écologistes. Notre doctrine est simple et efficace et permet de concilier droit au RSA et accompagnement vers des solutions durables :

– Reprendre contact avec chacun et chacune des allocataires, et les orienter vers les bons dispositifs selon leur situation grâce à un véritable droit à l’accompagnement personnalisé.

– Mettre des moyens financiers et humains pour accompagner la diversité des parcours de manière adaptée, avec un lien de proximité renforcé pour identifier des solutions positives permettant de se réinsérer durablement avec dignité.

– N’utiliser les dispositifs de sanction qu’en ultime recours après de multiples alertes auprès des allocataires afin d’éviter au maximum de couper les allocations : pour nous, la sanction ne peut pas être considérée comme un outil au service de la politique insertion mais bien un dernier recours.

– Œuvrer pour changer de regard sur les personnes allocataires du RSA : ne pas oublier qu’au RSA, nous sommes en dessous du seuil de pauvreté, et que le RSA est un moment de vie et non un statut définitif.

– Défendre l’instauration au niveau national d’un revenu minimum garanti dont l’accès serait ouvert dès 18 ans.

Quand des élu·es affirment que ceux qui contestent des contrôles très répressifs demandent à ne pas appliquer la loi ils en oublient l’essence même du RSA : dernier rempart contre la très grande pauvreté. Il n’existe aucune satisfaction à vivre avec 600 euros par mois car on ne vit pas au RSA, on survit. C’est de la responsabilité des collectivités territoriales de proposer un accompagnement digne permettant aux allocataires du RSA de s’insérer socialement et professionnellement.

Caroline Roger-Moigneu, vice-présidente écologiste d’Ille-et-Vilaine, déléguée à l’insertion et la lutte contre la pauvreté

Le département du Nord est malheureusement pionnier dans la précarisation et le flicage des allocataires du RSA, renforçant ainsi le non-recours aux droits. Dès 2024, le Département a fait évoluer son régime de sanctions avant même la généralisation des « suspensions-remobilisations », avec un 1er degré de sanction équivalent à une perte de 80% du montant du RSA pendant 1 mois pour une personne seule.

Stéphanie Bocquet, présidente du groupe écologiste au conseil départemental du Nord


  1. Médiacités, le 4 décembre 2025, Eden Sakhi Mommen, Allocataires plus sanctionnés et angoissés, personnels déprimés : le « RSA rénové » fait des dégâts dans le Nord ↩︎
  2. Libération, le 4 mars 2026, Anne Sophie Lechevallier, Dans le Finistère, des allocataires du RSA se lèvent contre des contrôles «irréalistes» et un «harcèlement moral institutionnel ↩︎
  3. Alternatives économiques, le 29 novembre 2025, Michel Abhervé, Dans le Vaucluse comment expliquer la forte baisse du nombre de bénéficiaires du RSA ? ↩︎

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