Face à la hausse brutale des prix des carburants, conséquence directe de la guerre en Iran et des tensions géopolitiques, les conseillères et conseillers départementaux écologistes alertent sur une réalité trop souvent invisibilisée : ce sont aussi les métiers du lien humain, et en particulier les aides à domicile, qui sont aujourd’hui en première ligne.
Après avoir été saluées lors de la crise sanitaire liée au COVID-19, ces professionnel·les – majoritairement des femmes – continuent d’assurer, chaque jour, le maintien à domicile de plus d’un million de personnes âgées ou en situation de handicap. Pourtant, leurs conditions d’exercice restent précaires : temps partiels subis, rémunérations proches du SMIC, absence de revalorisation significative depuis plusieurs années.
Dans les territoires ruraux comme périurbains, leur mission repose largement sur des déplacements quotidiens indispensables. La flambée actuelle du prix des carburants fragilise donc directement leur activité, et avec elle, l’ensemble du secteur de l’aide à domicile.
Les services d’aide à domicile, déjà sous tension financière, ne sont pas en capacité d’absorber ces surcoûts. Quant aux Départements, chefs de file des solidarités, ils ne peuvent continuer à faire face seuls, alors que les compensations de l’État pour les allocations individuelles de solidarité (RSA, APA, PCH) demeurent insuffisantes.
Des mesures d’urgence indispensables
Le gouvernement se doit de mettre en place un soutien ciblé pour les professionnel·les de l’aide à domicile, afin de compenser l’augmentation des coûts de carburant, de manière proportionnée et évolutive. Sans cela, c’est tout un secteur qui risque de ne pas se remettre d’un nouvel accroissement de leur fragilité.
Plus globalement, le gouvernement ne doit pas tomber dans la facilité des mesures généralistes inefficaces, comme les remises uniformes à la pompe, et privilégier une justice sociale ciblée. Les surprofits enregistrés par les sociétés pétrolières pendant cette crise (plus de 11 millions d’euros par jour) représentent une opportunité à redistribuer à ceux qui en ont le plus besoin.
Généraliser les solutions concrètes qui fonctionnent
Au-delà de l’urgence, des solutions existent déjà dans les territoires et doivent être amplifiées à l’échelle nationale.
En Gironde, en Creuse, en Charente ou encore en Lot-et-Garonne, une expérimentation innovante a démontré son efficacité : la mise à disposition de véhicules électriques ou hybrides pour les professionnel·les de l’aide à domicile.
Ce dispositif, co-financé notamment par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, a permis :
- une réduction de 40 à 50 % de la consommation de carburant ;
- une baisse significative des coûts pour les salarié·es ;
- une amélioration des conditions de travail et de sécurité ;
- un renforcement de l’attractivité du métier.
Plébiscité à 100 % par les salarié·es l’ayant expérimenté, ce modèle vertueux doit désormais être généralisé à l’ensemble du territoire national, avec le soutien de l’État. Les aides doivent également porter sur la fourniture de véhicules 100% électriques ainsi qu’à d’autres types de mobilités, dont le transport en commun et les VAE, notamment, lorsque les déplacements s’y prêtent.
Sortir durablement de la dépendance aux hydrocarbures
Cette crise révèle une nouvelle fois notre vulnérabilité collective face aux fluctuations des marchés énergétiques mondiaux.
Les élu·es écologistes réaffirment la nécessité :
- d’accélérer la transition écologique des mobilités professionnelles, en déployant quand cela est possible les véhicules intermédiaires (véhicules de moins de 600 kg) ;
- de renforcer les indemnités kilométriques ;
- de réduire notre dépendance aux hydrocarbures importés ;
- et de construire un modèle de solidarité robuste, qui protège à la fois les travailleuses et les travailleurs essentiels, et les personnes les plus vulnérables.
Chaque jour sans réponse fragilise davantage un secteur indispensable à la cohésion sociale. Nous avons des solutions robustes qu’il faut maintenant passer à l’échelle.
Soutenir les aides à domicile, c’est garantir la dignité de millions de nos concitoyennes et concitoyens.
Les conseillères et conseillers départementaux écologistes de France appellent le Gouvernement à prendre ses responsabilités, sans délai.
Catherine Candelier, présidente de la FEVE
Céline Scavennec, membre du bureau de la FEVE, conseillère départementale du Nord
Les conseillères et conseillers départementaux écologistes
Les Écologistes