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Lutter contre la désertification médicale

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La région Ile-de-France est celle qui compte le plus grand nombre de médecins, mais elle connaît de fortes inégalités territoriales. Les zones rurales et les quartiers populaires sont sous-dotés et connaissent un processus de désertification médicale.

Laure Lechatellier, vice-présidente du Conseil régional, revient sur la mise en place d’une politique de renforcement de l’offre de soins.

"De nombreuses collectivités, régions et départements, se sont emparés de la question de la lutte contre la désertification médicale et ont mis en place des dispositifs d’incitation à l’installation des futurs professionnels médicaux," indique la vice-présidente francilienne en charge de l’Action sociale, des formations sanitaires et sociales, de la santé et du handicap, Laure Lechatellier.

En septembre 2012, à l’issue d’une phase de concertation avec les différents acteurs de la santé, le conseil régional d’Ile-de-France a décidé de mesures visant à favoriser l’installation de praticiens et à maintenir les services existants en veillant à ce que les soins médicaux, généralistes ou spécialisés, soient accessibles à toutes et tous (secteur 1, tiers-payant).

Les structures d’exercice collectif

L’exercice de la médecine en groupes pluri-professionnels est une des solutions les plus efficaces pour améliorer les conditions de travail des professionnels et répondre à l’accroissement des besoins des populations.

Aussi le conseil régional promeut la création de structures dites "de premier recours". En plus des soins, elles offrent un ensemble de services de prévention, d’éducation à la santé, et pratiquent le tiers-payant et une facturation de secteur 1.
"Cette politique est menée en étroit lien avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) qui peut également financer ces structures et a la charge de définir les zones dites déficitaires ou fragilisées," précise Laure Lechatellier.

Maison de santé de Pierrefitte

La maison de santé de Pierrefitte est sortie de terre ! Dans ce territoire fortement déficitaire, cette nouvelle structure permettra d’accueillir de nombreux habitants qui renoncent aux soins faute d’offre de proximité en secteur 1.
La commune s’était engagée dans un processus de renforcement de l’offre de soins et la Région l’a accompagnée, à hauteur de 235 000 €, soit 45 % du budget de l’opération.
Au-delà du bâtiment, un projet de santé territorialisé a été développé par l’association Créa’Pôle, en lien avec le Centre médico-social notamment.

Le centre de santé d’Aubervilliers accueille chaque année 21 000 patients (dont 3 800 bénéficiaires de la CMU). Une aide régionale de 15 000 € a permis l’achat d’un fauteuil dentaire, d’un électrocardiogramme ou encore d’un oxymètre enfant.

Les subventions
  • De 2012 à 2014 : jusqu’à 300 000 € pour l’investissement et 150 000 € pour l’équipement, dans la limite de 50 % (cofinancement impératif).
  • Depuis 2014 :
    • jusqu’à 300 000 € pour les projets en zones déficitaires ou en zones fragilisées ;
    • jusqu’à 200 000 € pour les projets en zone "Politique de la ville" ou inscrits sur une commune dont l’IDH21 [1] est inférieure à la moyenne régionale ;
    • les autres projets ne sont plus retenus.
  • Depuis 2010, la Région a ainsi investi 12 millions d’euros dans 144 structures (centres et maisons de santé).

Les Contrats régionaux d’exercice sanitaire (CRES)

Pour offrir à toutes les citoyennes des soins de proximité, la région Ile-de-France a mis en œuvre des Contrats régionaux d’exercice sanitaire (CRES). Il s’agit de favoriser l’installation et le maintien des praticiens (médicaux ou paramédicaux – infirmiers, kinésithérapeutes, etc.) en zones déclarées déficitaires ou fragilisées par l’ARS. L’aide régionale s’adresse à deux catégories de personnes : les étudiants, via une allocation d’études, et les professionnels de santé, via une aide à l’installation et au maintien. Cette dernière prend en charge une partie des travaux d’équipement et de sécurisation des cabinets (jusqu’à 15000 €).
Les bénéficiaires s’engagent en contrepartie à s’installer pour une période minimale de trois ans dans une zone menacée par la désertification médicale. "Dans les deux cas, les conseils généraux et les communes sont étroitement associés," souligne l’élue écologiste.

Maison de santé de Suresnes

Privilégier les projets innovants qui remettent l’usager au centre du système de soins, c’est le souhait de Laure Lechatellier. Située dans les quartiers populaires de la ville, la maison de santé de Suresnes (92) regroupera deux généralistes et deux infirmières. Un pharmacien est associé au projet afin de créer des synergies territoriales avec l’ensemble des professionnels de santé.

Les plus :

  • Un centre de ressources pour le développement de l’éducation thérapeutique avec un "Point d’information usagers" et une commission des relations avec les usagers.
  • Un patient-expert est associé au montage du projet.
  • Un "LivingLab", installé en lien avec l’Institut Mines Telecom, pourrait permettre le développement d’outils et de solutions progicielles.

Subvention de la région Ile-de-France : 170000 €, soit 37 % du montant des travaux.

Feuille de route

ETAPE 1

ETAPE 2

ETAPE 3

ETAPE 4

ETAPE 5

Le mot de la fin

Pour Laure Lechatellier : "Avec plus de moyens, on pourrait accompagner les maisons et centres de santé dans leurs démarches innovantes. Certains centres développent des projets territoriaux de prévention et d’éducation à la santé avec un vrai maillage des professionnels. Malheureusement, ces projets sont rares, du fait de l’importance des ressources humaines à mobiliser."

Pour aller plus loin

Vivre ensemble : la politique menée par la Région pour réduire les inégalités en Île-de-France

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[1L’IDH2 est un indicateur reprenant les trois dimensions de l’IDH (santé, éducation, niveau de vie) mais avec des indicateurs mieux adaptés à la situation française en disponibles à l’échelle communale. L’IDH2 permet notamment de mesurer les disparités sociales