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La transformation écologique et sociale des Régions en action(s)

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Europe Écologie-Les Verts est désormais présent dans la quasi totalité des Exécutifs régionaux. Au sein de ces majorités à l’équilibre nouveau, nos élu-es sont attendu-es pour passer à l’acte et mettre en œuvre nos programmes.

Une tribune de Jean-François Caron, président de la FEVE, président du groupe EELV au conseil régional Nord-Pas-de-Calais, Cécile Duflot, présidente du groupe EELV au conseil régional Ile de France, Eric Loiselet, président du groupe EELV au conseil régional de Champagne-Ardenne, Alexandra Cusey, coprésidente de groupe EELV au conseil régional Rhône-Alpes publiée dans le cadre des votes des budgets 2011 en Régions..

Les Régions offrent des leviers d’action très importants. Leurs budgets cumulés représentent une manne de près de 30 milliards d’euros, qui n’est pas encore totalement contrainte par de lourdes charges.

Les Régions sont des collectivités de projets qui permettent l’expérimentation et l’inventivité politique. Au-delà de la gestion quotidienne, et malgré les décisions de l’État pour encadrer leur activité, elles sont un espace qui permet la construction d’un nouveau rapport au développement et à la solidarité.

Notre pays fait actuellement face à une crise de civilisation, mêlant urgences environnementales et sociales. Le modèle de développement sur lequel nous avons cru pouvoir fonder notre prospérité est aujourd’hui dépassé : raréfaction des énergies fossiles, réchauffement climatique, dégradation de la biodiversité, accumulation de rejets polluants, mais aussi simultanément problèmes de santé liés à notre mode de vie, enracinement du chômage, développement des précarités, hausse des inégalités, persistance de la pauvreté au sein même des sociétés d’abondance.

Pour des raisons de survie et pour des raisons éthiques, il y a urgence à changer notre mode de fonctionnement en engageant une véritable transformation écologique et sociale sur les territoires dont nous avons la responsabilité.

Mais la transformation ne se décrète pas, elle ne pourra se faire qu’avec les acteurs. Elle requiert aussi un autre logiciel : il s’agit d’un véritable changement culturel pour les anciens partis politiques.

Elle ne se décrète pas, à la fois pour des raisons élémentaires de démocratie, mais aussi parce que la complexité et l’étendue des difficultés imposent l’implication de tous. Pour les écologistes, il ne peut y avoir d’intervention légitime et efficace sans un réel bouleversement de notre approche de la gouvernance, sans une démocratie plus proche de nos concitoyens.

Elle impose un véritable changement culturel car il nous faut une autre vision de la richesse. C’est là une différence majeure entre la vision portée par Europe Ecologie les Verts et les autres partis, et ce qui fait souvent la limite de nos accords avec le PS.

Le nouveau modèle que nous voulons faire émerger, c’est par exemple celui qui repose sur un retour à une alimentation saine et sûre et une ruralité peuplée de paysans, plutôt que de continuer à voir croitre les terres dépeuplées, asséchées et une alimentation abstraite, artificielle, industrielle et qui nous fait courir des risques sanitaires.

C’est un modèle qui privilégie le mieux-vivre ensemble et le lien social plutôt que l’aliénation et la dépendance à la seule consommation.

C’est un modèle qui construit un rapport équilibré à la mobilité et qui ne repose donc pas uniquement sur la relance par l’automobile ou les grands projets d’infrastructures…

C’est en conséquence un modèle plus riche en emplois, plus riche en "bien commun", que nous comptons atteindre.

Pour le faire émerger, il faut préciser ce que l’on met derrière le mot développement, derrière le mot croissance. Les débats sur les limites du PIB comme seule boussole se multiplient. Nous n’allons pas les refaire ici. Mais il est démontré que non seulement la croissance quantitative ne résout pas tous nos problèmes, non seulement ne nous apporte pas le bonheur, mais elle devient la source d’un grand nombre de nos problèmes. La croissance et le progrès humain sont deux choses différentes. Notre richesse, ce sont les biens communs. Ce sont la santé, l’éducation, l’égalité, l’équité, la sobriété énergétique, la préservation des ressources qui garantiront le progrès de la société.

Conduire cette transformation des représentations de nos vraies richesses nécessite au préalable un renouvellement des pratiques politiques.

Dans chaque conseil régional, sur chaque territoire, nos élu-es abordent ce chantier de manière différente, en fonction des histoires et des enjeux locaux. Mais nous le portons avec la même visée et la même ambition. Cette coordination est l’illustration d’une nouvelle manière de construire les politiques publiques et de les mettre en oeuvre.

Dans toutes les Régions dans lesquelles les élu-es écologistes sont en situation d’agir, nous insistons et insisterons encore pour qu’un travail de fond soit engagé sur la conditionnalité des aides et des marchés qui fasse évoluer effectivement les pratiques vers le modèle souhaité. La commande publique et le poids des financements des collectivités, on le sait, constituent un levier d’intervention et de prescription considérable.

L’éthique, partout où elle peut s’appliquer, est également une condition du changement. Ainsi, les élu-es d’Europe Ecologie - Les Verts ont-ils porté par délibération au sein des Exécutifs, des exigences de transparence dans les relations avec les établissements bancaires dans une stratégie coordonnée de lutte contre les paradis fiscaux.

Dans toutes les Régions aussi, EELV concentre les interventions en matière de déplacements sur le transport en commun des voyageurs, sur le service et sa qualité et sur des modes alternatifs à la route.

Dans beaucoup de Régions où EELV agit au sein d’une majorité, enfin, des actions fortes et volontaires en matière d’Économie Sociale et Solidaire, d’environnement et de climat sont portées dans le temps. Elles ont permis souvent d’agir contre la perte de biodiversité ordinaire, d’alimenter la demande, et parfois l’offre, en matière d’énergie renouvelables. Elles ont construit localement des stratégies de lutte contre le changement climatique avec des effets d’entraînement locaux importants. Elles ont construit des filières entières d’insertion et d’activités, sur la base d’emplois non délocalisables.

Pour amplifier cette transformation, des élu-es d’EELV ont pesé dans les Exécutifs régionaux afin d’orienter les priorités des décisions budgétaires des jours et semaines à venir dans les collectivités régionales vers :

Dans chacune de nos Régions, nous sommes des partenaires solides, solidaires, mais exigeants, résolus à ne pas nous limiter à de l’accompagnement ou à la pose de rustines sur un modèle moribond. A travers la mosaïque des initiatives régionales que nous portons, le modèle nouveau se dessine.

Le vote des budgets devra traduire ces orientations et produire des résultats concrets. Car face à l’aggravation des difficultés et aux échéances internationales et nationales qui approchent, nous avons plus que jamais besoin de points d’appuis objectifs.

Et nous attendons des présidents de régions, de l’Association des Régions de France (ARF), un véritable travail interrégional de soutien à ces innovations et de mutualisation pour commencer à dessiner un nouvel imaginaire politique que nous construisons pas à pas.

Jean-François Caron, président du groupe Europe Écologie-Les Verts en Nord-Pas-de-Calais, président de la Fédération des Elu-es Verts et Écologistes
Cécile Duflot, présidente du groupe Europe Écologie-Les Verts en Ile-de-France
Eric Loiselet, président du groupe Europe Écologie-Les Verts en Champagne-Ardenne
Alexandra Cusey, coprésidente du groupe Europe Écologie-Les Verts en Rhône-Alpes