Contact |
Newsletter |
Mentions légales |

Grenoble : Elu-es d’opposition, l’exigence démocratique

Ressources > Politiques publiques > Fiches "Politiques municipales" > Grenoble : Elu-es d’opposition, l’exigence démocratique

Alerter les habitants sur les projets démesurés de la Mairie, être le relais des mobilisations citoyennes au sein même du conseil municipal, maintenir le principe démocratique dans le débat, essayer de faire bouger les lignes : voilà quelques-uns des axes qui guident la conduite des élu-es écologistes dans l’opposition municipale.

Maryvonne BOILEAU
Conseillère municipale de Grenoble
Ancienne conseillère régionale de Rhône-Alpes
mboileau@wanadoo.fr

Notre méthode

Faire vivre la démocratie, c’est se mobiliser pour nos causes, pour faire bouger les lignes dans la société.
Depuis 2008, les élu-es écologistes grenoblois ont joué ce rôle sur de nombreux projets, dont la lutte contre la candidature de Grenoble pour les JO d’hiver 2018 et le projet de contournement dit "rocade Nord" mais aussi les augmentations injustes et excessives des tarifs du chauffage urbain... Les écologistes exercent au sein de la Municipalité une vigilance démocratique, en lien avec les associations et habitant-es de Grenoble. Cette vigilance et les actions qui en résultent reposent en particulier sur une bonne cohésion de groupe et sur deux principes méthodologiques suivis par le groupe :

"IADECA"
pour avoir les moyens de prendre de bonnes décisions

Accès à l’Information,

Analyse contradictoire,

Débat public pluraliste avant la décision,
Exposé clair des choix pour la décision,
Contrôle de l’exécution de la décision,
Adaptation éventuelle de la décision.

le "RMI"
pour tout combat citoyen

Rassembler son camp ;
Mobiliser le marais ;
Isoler l’adversaire.

Relayer et alimenter un mouvement de résistance citoyen

La candidature de Grenoble pour organiser les JO d’hiver 2018 faisait partie des "engagements" électoraux du Maire. Cet objectif, à mille lieux d’un projet écologique pour une ville à taille humaine, était financièrement et écologiquement inacceptable.
Pour mener ce combat, compte tenu de l’absence d’information au sein du conseil municipal, les élu-es écologistes ont commencé par étudier tous les documents qui permettaient d’en comprendre l’organisation. Ce travail a permis d’éditer une brochure « la face cachée de la candidature aux J.O. » recensant les risques écologiques, financiers et sociaux du projet.
La mobilisation contre le projet s’est organisée collectivement avec d’autres interlocuteurs issus de la société civile. La réunion d’élu-es, de citoyen-nes, d’associations contre le projet a permis de médiatiser notre combat et d’attirer l’attention du Comité National Olympique. Notre engagement a contribué à empêcher la réalisation d’un sondage d’opinion sur la candidature. L’ensemble de ce travail a participé au rejet de la candidature de Grenoble par le CIO.

Rocade nord :
un aménagement inutile

Autre dossier contre lequel les élu-es écologistes se sont battu-es : le projet de Rocade Nord. Les écologistes estiment que cette infrastructure aurait pour conséquence une augmentation importante de la circulation dans l’agglomération, sans pour autant en résoudre les problèmes. Les conséquences sur l’environnement et la santé publique n’étaient pas acceptables.
La lutte s’est d’abord portée sur le terrain juridique. Pour accéder à l’information, les écologistes ont eu recours au tribunal administratif. Ce dernier a donné son autorisation pour prendre connaissance de toutes les pièces des études liées au dossier.
En parallèle, il fallait mobiliser en vue de l’enquête publique. Les élu-es ont organisé des réunions d’information pour les opposants regroupés au sein d’un collectif citoyen. Elles ont permis d’avoir une meilleure compréhension commune des enjeux de ce dossier. Qui plus est, cela a contribué à la mise en place d’un argumentaire précis, prêt à être employé par tous les opposants dans le cadre de l’enquête publique. L’enquête, grâce à la forte mobilisation des opposants au projet et à la qualité de leurs arguments, a décidé de la non reconnaissance d’utilité publique et rendu le projet irréalisable.

Si j’étais maire

« Pour nous, l’action publique a pour principe la co-construction des projets avec les habitant-es et les associations. Les élu-es proposent un calendrier et une méthode pour la circulation d’informations, le recueil des idées, la construction de scenarii alternatifs, jusqu’au choix final par le conseil municipal.
Grenoble est une ville de Montagne avec les activités de sports et de loisirs qui lui sont rattachées. Nous appelons à une réorientation des moyens publics pour développer la pratique de ces sports chez les plus jeunes. C’est notamment pour cette raison que nous proposons de mettre de la distance entre l’action publique et le sport de haut niveau, trop vorace en argent public.
Les difficultés de circulation sur Grenoble sont réelles mais l’argent public dépensé en infrastructures lourdes, coûteuses et inappropriées, serait beaucoup plus efficace pour la mise en place des politiques de réduction du trafic automobile. Grenoble a besoin d’aménagements de transport mais nous devons privilégier les bus à haut niveau de service, les plateformes multimodales, les aménagements cyclables... L’agglomération grenobloise est une des plus plates de France et la part du vélo dans les déplacements y reste trop faible. Des politiques volontaristes pourraient changer cela.
 »

Aller plus loin
La méthode IADECA initiée par Raymond Avrillier n’a pas encore fait l’objet de publication... l’expérience montre que l’accès à l’information est la première étape vers une contre-action politique : www.cada.fr
Le site des élu-es grenoblois
Le site des opposants à la rocade
Le site d’expertise des finances publiques

Télécharger la fiche au format PDF

PDF - 542.3 ko