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Gestion des déchets nucléaires : le devenir du laboratoire de Bure en question

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Par Jean-François Caron, président de la FEVE, Eric Loiselet, vice-président de la FEVE, président du groupe des élus Europe Écologie-Les Verts au conseil régional de Champagne-Ardenne.

La FEVE propose aux élu-es concerné-es par l’autorisation d’exploitation du Laboratoire de l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) en Meuse/Haute-Marne de désapprouver la proposition de renouveler l’autorisation d’exploitation du Laboratoire de Bure. Accepter l’inéluctable, c’est avaliser le déclin du territoire, alors qu’il existe d’autres solutions !

Conformément à la réglementation, l’ANDRA a demandé le renouvellement de l’autorisation d’exploitation du Laboratoire de Meuse/Haute-Marne, situé à Bure, en Meuse, pour la période 2011-2030.

Ambition affichée du nouveau programme : préparer la construction d’un centre de stockage

Le programme précédent, initié en 1997, portait sur la faisabilité du stockage en couche géologique profonde des déchets radioactifs à haute activité et vie longue (HAVL). Cette fois-ci, le programme d’études et de recherche porté par l’ANDRA affiche une autre ambition : celle de préparer "la phase industrielle du projet". Il s’agit donc clairement de préparer la construction d’un centre de stockage en couche géologique profonde, alors même que cette construction n’a pas été décidée à ce jour.

… Alors que d’autres solutions existent !

La gestion des déchets radioactifs à haute activité et vie longue peut emprunter deux autres voies : le stockage en surface ou subsurface ou la séparation transmutation. Les recherches mériteraient d’être relancées et conduites avec détermination surtout sur la première voie. Il n’est pas acceptable que, par effet d’entonnoir, la pire des solutions, le stockage en couche géologique profonde, réversible ou non, soit la seule à être étudiée et imposée aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne.

Les promesses faites aux territoires sont un marché de dupe

Pour les élu-es des territoires concernés se pose la question de savoir si rejeter cette demande de renouvellement d’autorisation ne reviendrait pas à condamner leurs territoires au déclin avec la disparition à terme du dispositif d’accompagnement économique mis en place par la loi de 2006.

Force est de constater que depuis la création du laboratoire, les difficultés économiques et sociales des territoires qui l’accueillent n’ont été ni freinées ni compensées. L’impression générale qui se dégage est celle d’un marché de dupes. En outre, si un jour un centre de stockage en couche géologique voyait le jour, son emprise territoriale et sa sécurisation représenteraient en soi des facteurs totalement contradictoires avec la relance d’une dynamique territoriale.

"La solution prônée par ce nouveau programme de l’ANDRA est une impasse." Eric Loiselet

Ce dossier de demande n’envisage pas un instant d’ouvrir une nouvelle perspective au Laboratoire existant : celui-ci, dans une nouvelle vie, pourrait devenir la plateforme d’accueil d’un "très grand équipement et infrastructure de recherche" consacré aux géosciences.

Pour Eric Loiselet, vice-président de la FEVE, président du groupe des élu-es écologistes au conseil régional de Champagne-Ardenne : « Le stockage en couche géologique profonde est une impasse. Il importe de ne pas nous y engager et de privilégier les autres voies de recherche pour gérer les déchets radioactifs HAVL à commencer par le stockage durable en surface ou subsurface sur sites nucléaires existants. Dès lors que le nouveau programme de recherche prévu pour le laboratoire de Bure est un pas en avant vers la création d’un centre de stockage définitif en couche géologique profonde, il faut, sans hésiter, et tant qu’il est encore temps, arrêter ce qui nous est présenté comme inéluctable. Depuis 1997, le déclin local s’est accentué et cela va continuer.

Pour ouvrir une perspective d’avenir aux territoires meusiens et haut-marnais concernés, il faut, selon Eric Loiselet, "abandonner ce miroir aux alouettes, en préparant dès maintenant, par la concertation la plus large, le rebond qui sera nécessaire après l’échéance que la loi de 2006 fixait en 2015. C’est pourquoi la FEVE appelle tous les élu-es territoriaux/ales concerné-es à s’y atteler dès maintenant. Et pourquoi pas autour d’une transformation du laboratoire en grand équipement et infrastructure de recherche consacré aux géosciences."

Les territoires et leurs habitants sont déconsidérés

Jean-François Caron, président de la FEVE, fait remarquer que "l’avenir des territoires frappés par les crises, la désindustrialisation, les délocalisations, ne passe pas par l’installation, sur un mode "colonial", de grandes infrastructures qui requièrent isolement et éloignement des grands centres urbains, sécurisation lourde et conduisent inéluctablement à l’accentuation du déclin et à la disparition des populations. Au contraire, comme des territoires en Europe et en France l’ont montré ces dernières années, il est possible d’allier développement territorial et préoccupations de la population, pour créer les conditions d’un renouveau à la fois économique, mais aussi environnemental, avec une politique basée sur l’acculturation autour des enjeux du développement durable. Il n’y aucune raison que le sud Meusien et le nord Haut-Marnais ne puissent, eux aussi, trouver leur voie dans cette perspective. J’invite les élu-es locaux/ales à résister à la tentation de laisser survenir ce à quoi ils ne croient pas au fond d’eux-mêmes et à ouvrir une autre perspective."

contact : info@lafeve.fr