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A Notre-Dame-des-Landes se joue un choix de société

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Par Cécile Duflot, secrétaire nationale EELV, présidente du groupe EELV conseil régional d’Ile-de-France ; Jean-Philippe Magnen, président du groupe EELV conseil régional Pays-de-la Loire ; Jean-François Caron, président de la Fédération des élu-es Verts et écologistes, président du groupe EELV conseil régional Nord-Pas-de-Calais, au nom de la Coordination des président-es des groupes écologistes en Régions.

Non au chapitre transport de ce budget, non à Notre-Dame-des-Landes ! Les élu-es EELV en région Pays-de-la-Loire avaient annoncé leur intention de voter contre les orientations du chapitre "transports, déplacements, infrastructures" lors de la session budgétaire. Ce chapitre comportait l’adhésion au syndicat mixte de NDDL et continuait à présenter l’aéroport comme une infrastructure d’avenir du territoire du "Grand Ouest". Coup de théâtre, hier soir, en session à 1h30 du matin ( ! ) : devant la pression, le rapport relatif au nouvel aéroport est retiré en dernière minute du budget.

L’opposition des écologistes au projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, est connue. Inutile, coûteux, et écologiquement désastreux, c’est aujourd’hui un projet dépassé et incohérent que continue, en dépit de tout bon sens, à soutenir l’ensemble des grandes formations politiques. Faut-il rappeler que le projet est né avec le concorde, en 1965 ? Qu’un aéroport international existe déjà à Nantes Atlantique ? Que rien ne laisse présager, dans le contexte actuel (raréfaction des ressources, hausse du prix des matières premières), que le trafic aérien se développera dans les années à venir ?

Inutile, couteux, écologiquement désastreux

Malgré l’opposition systématique des écologistes, l’État et collectivités se sont d’ores et déjà engagés à financer la plateforme ainsi que ses dessertes pour un coût pharaonique. Combien d’argent public devra être investi à perte dans cette plateforme aéroportuaire, dans les liaisons routières et ferroviaires justifiées par ce projet dont nous n’avons pas besoin ?

Dans le contexte de crise sociale, économique et environnementale, les élu-es, dans tous les exécutifs où ils siègent, ont aujourd’hui une lourde responsabilité : réinterroger notre modèle de développement. Dans un monde fragilisé et aux ressources limitées, nous nous devons d’engager la nécessaire transformation écologique et sociale de nos territoires et cela demande courage et volonté politiques. Pour cela, il nous semble fondamental de revenir sur nombre de projets d’infrastructures inutiles et prévus pour l’aménagement de nos territoires et donc d’évaluer toutes les dépenses publiques au regard de leur utilité sociale économique et environnementale.

D’autres exemples, dans d’autres régions

Malheureusement, les Pays-de-la-Loire ne sont pas un cas isolé. D’autres projets économiquement et écologiquement aberrants existent toujours sur d’autres territoires. L’EPR en Basse et Haute-Normandie, le centre de stockage de déchets radioactifs de Bure-Saudron en Champagne-Ardenne et Lorraine ou la LGV en Aquitaine et Midi-Pyrénées ne sont que quelques exemples qui illustrent bien les véritables divergences de modèle de développement qui continuent à subsister aujourd’hui entre écologistes et socialistes.

Et ce sont précisément ces projets-là qu’il faudra réinterroger ensemble si la gauche veut avoir une chance de gagner en 2012.